L’épée mentionnée ici est une épée courte que les soldats romains portaient avec eux. Le terme grec,
machaira, utilisé par Paul correspond à une épée mesurant entre 15 et 45 cm de long. Le soldat la portait dans une gaine ou un fourreau en cuir sur le côté et s’en servait dans le corps à corps. De toutes les épées qui existaient en ce temps-là, c’était la plus dangereuse : sa faible longueur la rendait extrêmement maniable. Bien que les autres aient été mortelles, celle-ci engendrait spécialement la terreur car elle avait une lame à deux tranchants, affûtée comme une lame de rasoir : sa pointe ne devait entrer que de 4 cm pour causer une blessure mortelle. Elle était utilisée comme une arme défensive aussi bien qu’offensive. Dans l’image de l’armure utilisée par l’apôtre Paul, l’épée de l’Esprit est la seule arme offensive à notre disposition et pourtant pleinement suffisante pour résister au diable.
Le verset « ... prenez l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu » peut aussi signifier que cette épée est donnée par l‘Esprit, ce qui indique son origine divine. Rien ne peut la vaincre. Toute épée terrestre est insignifiante comparée à la Parole invincible de Dieu. Satan est hélas bien plus conscient de l’efficacité de la Parole de Dieu que beaucoup de chrétiens. C’est pourquoi il fait tout pour la pervertir, la corrompre et l’empêcher d’être annoncée sans compromis.
La Parole de Dieu produit une véritable terreur chez l’ennemi. Si nous ne l’utilisons pas sur le champ de bataille, nous ne tarderons pas à être mis hors de combat. Elle est une arme puissante contre la tentation, la séduction, l’incrédulité et toutes les autres attaques que l’ennemi peut lancer contre nous.
Le terme hébreu utilisé dans l’ancien testament est
cherev : « Dieu mit à l’orient du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie. » (Gn 3 : 24) Cherev est employé 413 fois dans l’Ancien Testament, soit 7 fois 59. Or, 59 porte le message de la terreur et de la barrière infranchissable. Ce terme signifie épée mais aussi outil pour tailler la pierre. Rien ne peut résister à cette épée de l’Esprit :
« Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte » (Hb 4 : 12 et 13).
Pour mieux comprendre la séparation de l’âme et de l’esprit dont il est question ici, il faut se remémorer le fait que l’homme a été créé en tant qu’être particulier. La Bible nous dit que « Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant » (Gn 2 : 7). Arrêtons-nous sur les deux expressions « former de la poussière de la terre » et « devenir un être vivant » :
- Le verbe « former » est la traduction de vayytser. Il s’agit du même verbe employé pour la formation des animaux à partir de la terre eux aussi (Gn 2 : 19) mais dans le verset 7, vayytser est écrit avec deux Yod, ce qui n’est pas une écriture normale, alors que dans le verset 19, pour les animaux, il ne comporte qu’un seul Yod. La racine de ce mot est
tser qui a donné les mots
yetser qui signifie instinct et
yotser qui signifie formateur reprenant l’aspect spirituel de l’homme. Cela veut dire que l’animal a l’instinct pour le guider et que l’homme a son instinct et son Créateur (Dt 29 : 18, Lc 16 : 13 et Ep 4 : 23).
- Les termes « un être vivant » sont la traduction de
nephech
hayim qui se traduit littéralement par « un être vivants », avec un S à vivants ! L’homme est un être qui existe comme les animaux et qui peut vivre par le biais de l’esprit que Dieu lui a donné s’il est régénéré par l’Esprit Saint : « en réalité, c’est l’esprit (
roua’h) dans l’homme, la respiration (
neshama) du Tout–Puissant qui donne l’intelligence » (Jb 32 : 8).
La respiration spirituelle qui vient de Dieu sort de Sa bouche : il s’agit de la Parole de Dieu. Nous trouvons souvent cette expression « parler bouche à bouche avec Dieu » (traduit par face à face) dans les échanges entre Moïse et l’Eternel… (Ex 33 : 11) « Car l’Eternel donne la sagesse ; De sa bouche sortent la connaissance et l’intelligence » (Pr 2 : 6). Sans cette Parole vivifiante, nous ne pouvons connaître la présence de Dieu par le Saint Esprit qui vivifie et libère notre esprit, c’est pourquoi il est écrit : « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur » (Hb 4 : 12)… C’est cette Parole de vie qui nous permet de devenir « un être vivants » avec un S à vivants. Et cette épée de l’Esprit permet aussi, dans le témoignage vivant, de révéler la mort spirituelle à ceux qui sont perdus, pour « ramener leurs âmes de la fosse, pour les éclairer de la lumière des vivants » (Jb 33 : 30).
Nous savons que le corps peut avoir besoin de guérison ; nous constatons que l’âme doit être rendue pure par rapport au péché et que l’esprit doit être rendu libre afin que la relation entre l’homme et son Créateur soit à nouveau rendue possible (Ps 51 : 10). Une fois l’esprit rendu libre, le Saint-Esprit peut l’inonder de sa lumière (Rm 8 :16) et par le renouvellement de l’intelligence, l’esprit peut agir positivement sur l’âme (Tit 3 : 5), qui elle-même peut apporter au corps un équilibre paisible… « Aussi mon cœur est dans la joie, mon esprit dans l’allégresse et mon corps repose en sécurité » [1] (le mot leb
traduit ici par « cœur » signifie « l’homme intérieur, l’esprit » ; le mot kabod
traduit ici par « esprit » signifie « dignité, gloire et âme ») (Ps 16 : 9).
« Je serre ta parole dans mon cœur afin de ne pas pécher contre toi » (Ps 119 : 11). C’est à la lumière de cette Parole que la vraie nature de nos pensées et de nos motivations cachées seront révélées.
Quand Jésus a été tenté par le diable dans le désert, Il a utilisé la Parole de Dieu pour le vaincre et non une légion d’anges pour le chasser. Il ne l’a pas non plus lié ou réprimandé. Il a tout simplement résisté à ses tentations avec les Ecritures. C’est exactement ce que nous devons faire nous-mêmes. Cette Parole a une autorité divine incontestable et le diable est obligé de le reconnaître. Trois fois Jésus lui a dit : « Il est écrit » (Mt 4 : 1 à 11) et le texte biblique révèle ce qu’a produit une telle résistance « Alors le diable le laissa » (Mt 4 : 11).
Lorsque nous sommes imprégnés de la Parole de Dieu et que nous parlons par elle, elle devient une épée tranchante dans notre bouche comme il est écrit : « Il a rendu ma bouche semblable à un glaive tranchant » (Es 49 : 2).
La Parole de Dieu affirme clairement que la Parole de Dieu est LA puissance de Dieu :
- « Car je n’ai point honte de l’Evangile de Christ, vu qu’il est LA puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement puis du Grec. » (Rm 1 : 16)
Les traducteurs, tel que Louis Second, ont généralement rendu ce verset en traduisant « la puissance de Dieu » par « une puissance de Dieu » alors que le texte original est explicite : il ne s’agit pas d’une puissance parmi d’autres mais bien de l’Unique puissance de Dieu pour le salut. Pourquoi l’unique ? Parce qu’elle est personnifiée en Jésus-Christ, le Fils Unique de Dieu !
- « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jn 1 : 14)
- Jésus est la Parole créatrice : le verbe créer en hébreu,
bara, signifie tailler par la lettre mais aussi « fils de Dieu » [2]. « Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. » (Col 1 : 16)
Il arrive que, par ruse, Satan se serve lui-même aussi des Ecritures mais il ne les cite jamais entièrement ou alors il prend des textes hors de leur contexte. Dans la tentation au désert, par exemple, il a répliqué à Jésus : « Car il est écrit » (Mt 4 : 6). S’il lui arrive d’utiliser la Parole de Dieu, c’est toujours pour semer en nous la confusion d’où l’importance pour chaque chrétien de bien la connaître. Comme quelqu’un l’a si bien dit : « En prenant des textes en dehors de leur contexte, vous pouvez faire dire à la Bible tout ce que vous voulez ». Plus nous connaissons notre Bible, plus il nous sera facile de détecter les mensonges, les ruses et les tentations du diable. Bien des chrétiens sont inefficaces dans leur combat contre Satan parce qu’ils n’ont qu’une connaissance limitée et souvent inexacte des Ecritures.
L’Eglise du Seigneur se doit de défendre la Parole inspirée de Dieu, à l’encontre de toute argumentation actuelle affirmant que la Bible n’est pas la Parole de Dieu dans sa totalité ou qu’elle est insuffisante. Avoir une autre position que le Christ et ses apôtres à l’égard de l’Ecriture, c’est détruire son autorité pour corriger, réprimander, sauver, délivrer et vaincre toute espèce de mal. Renier l’absolue véracité et crédibilité de tout ce qu’elle enseigne, c’est, en quelque sorte, se jeter entre les mains du diable (Mt 4 : 1 à 11).
Ainsi, l’épée de l’esprit que Dieu nous demande de prendre est une arme
- défensive : elle permet de faire fuir l’ennemi ;
- offensive : dans le témoignage. Dieu ne nous demande pas d’attaquer l’ennemi mais de rendre un témoignage vivant et de séparer l’âme et l’esprit des perdus pour leur donner l’accès au salut libérateur en Jésus-Christ.
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