Les casques des romains étaient faits de deux matériaux : de métal moulé ou de cuir incrusté de plaques de métal et d’une doublure intérieure en cuir. Le casque protégeait la tête du soldat contre les flèches mais sa fonction première était de parer aux coups d’une épée à deux tranchants.
Dans le domaine spirituel, il est tout aussi nécessaire pour le chrétien de porter le casque du salut qui protège la tête et les pensées du combattant. L’accent est placé ici sur la tête, siège de contrôle de tout le corps. Satan cherche à attaquer avant tout les pensées du chrétien. C’est ainsi qu’il séduisit Eve (Gn 3) et qu’il le fait encore pour de nombreux chrétiens (2 Co 11 : 3).
Le récit biblique présente l’homme, non pas comme un animal évolué ou qui évolue, mais comme la réalisation d’un acte spécifique du Créateur. Le texte emploie pour la troisième fois le verbe hébreu
bara à la création de l’homme. Ce terme hébreu, dans le texte de la Bible, signifie toujours : créer et se réfère chaque fois à un acte de Dieu. Son emploi dans ce contexte indique l’introduction d’un principe nouveau.
Bien que la Genèse reconnaisse à l’homme une existence animale, elle ne le place absolument pas au même rang que les animaux. L’homme est autre chose que l’animal ; il en est séparé par un gouffre infranchissable ; il connaît un niveau d’existence qu’aucune créature terrestre n’a connu avant lui. A la différence de la bête, l’homme est créé par Dieu à Son l’image (
tselem), selon Sa ressemblance (
demouth).
« Dieu dit : Faisons l’homme à notre image (
tselem), selon notre ressemblance (
demouth), et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme à Son image, il le créa à l’image de Dieu, il le créa homme et femme. » (Gn 1 : 26 et 27)
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tselem désigne l’intelligence qui vient de Dieu lorsque l’esprit de l’homme retrouve sa totale liberté par l’œuvre expiatrice de Jésus-Christ , régénéré par l’Esprit de Dieu.
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demouth qui vient de
damah désigne la faculté de juger librement de toutes choses.
Ces deux mots expriment l’essence même de l’homme, sa caractéristique propre qui en fait un être à part dans le règne animal : il a une capacité d’analyse, d’imagination, de réflexion mais aussi un accès à la Vie par l’œuvre de Jésus-Christ (Ps 119 : 107, Jn 6 : 35 et 48, 11 : 25, 14 : 6, Ap 21 : 6). L’homme a reçu dans son cœur de la part de son créateur ce que la Bible appelle « la pensée de l’éternité » (Ecc 3 : 11)
L’ennemi sait que nos pensées sont le Centre de contrôle de notre vie. Il sait aussi que s’il peut influencer cette partie de notre être, il pourra ensuite jouer avec nos émotions. C’est de cette manière qu’il nous trompe, brouille la « ressemblance » avec Dieu retrouvée dans le salut en Christ et nous égare. Pour nous protéger contre de telles attaques, Dieu nous a donné « le casque du salut ».
Le casque concerne la pensée du chrétien qui doit être contrôlée par le Seigneur. Bien des enfants de Dieu considèrent que leur intellect importe peu alors qu’en réalité celui-ci joue un rôle vital dans leur croissance spirituelle, leur vie de victoire et leur ministère pour le Seigneur. Lorsque Dieu contrôle la pensée du chrétien, Satan ne peut pas le faire dévier. Si celui-ci étudie sa Bible et cherche à vivre les doctrines bibliques, il ne sera pas facilement séduit.
Nous devons croître dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ (2 Pi 3 : 18). Partout où l’apôtre Paul prêchait, il prenait le temps d’enseigner les vérités fondamentales de la Parole de Dieu aux nouveaux convertis (Ac 11 : 26). C’est ce casque qui les protégeait des mensonges du diable et des fausses doctrines (Ac 20 : 18 à 38).
Examinons brièvement l’expression : « Nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (2 Co 10 : 5). En grec, le mot « captive » est
aichmalotizo. C’est un mot agressif qui signifie : « être captif avec une lance pointée dans son dos ». En utilisant ce mot, Paul veut nous dire que nos pensées ne se laisseront pas apprivoiser facilement. Nous devons décider de les rendre captives. Il s’agit en quelque sorte de se faire violence et de prendre de force le contrôle de ses pensées. Si celles-ci ne veulent pas se soumettre, nous devons alors les saisir et les forcer à se soumettre à la Parole de Dieu.
C’est lorsque nous décidons d’agir de la sorte que le renouvellement de nos pensées se fait et que les Ecritures produisent des merveilles en nous, nous faisant progresser dans notre vie spirituelle.
Pendant des années, on a comparé le cerveau humain à un ordinateur. Aujourd’hui, cependant, on s’aperçoit à la lumière de découvertes récentes que cette comparaison est loin de refléter la réalité. Comment se faire une petite idée du fonctionnement d’un organe qui possède quelque chose comme 50 milliards de neurones pour un million de milliards de synapses (connexions), et qui enregistre peut-être 10 millions de milliards d’impulsions par seconde ? Pour se donner une idée de l’importance de ce nombre, si on accomplissait deux opérations à la seconde, pour réaliser dix millions de milliards d’opérations, il faudrait plus de 155 000 ans !
Le rendement des ordinateurs neuronaux les plus puissants représente environ un dix-millième de la capacité mentale d’une mouche. L’ordinateur ne soutient donc pas la comparaison avec le cerveau humain, qui lui est infiniment supérieur.
Deux facteurs interviennent dans le développement du cerveau : les informations qui lui parviennent par l’intermédiaire de nos sens et nos choix de pensées.
L’influence de l’hérédité sur les facultés est indéniable : Dieu a créé l’homme selon son image et sa ressemblance (Gn 1 : 26) avec la faculté de transmettre à sa descendance cette image et cette ressemblance :
« Adam, âgé de cent trente ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth » (Gn 5 : 3).
Adam en instruisant son fils Seth lui a donné l’intelligence (Rm 3 : 11). Quiconque n’est pas à « l’image et la ressemblance de Dieu » n’est pas un homme au sens où Dieu l’a créé mais un être animé, un animal ayant la figure (
toar) de l’homme avec en plus la domination sur la création (Gn 1 : 28) mais sans l’intelligence (Rm 3 : 11 ; 2 Pi 2 : 12 et 22) : cet « homme incomplet » existe mais ne vit pas !
Les chercheurs expliquent aujourd’hui que notre cerveau n’est pas figé par nos gènes au moment de la conception. L’expérience et nos pensées le façonnent. Les scientifiques ont découvert que le cerveau des individus qui restent actifs mentalement présente jusqu’à 40 % de connexions (synapses) de plus entre les cellules nerveuses (neurones) que le cerveau de ceux qui sont mentalement paresseux.
Ces découvertes récentes sur la souplesse du cerveau font écho à certains conseils donnés dans la Bible. La Parole de Dieu nous encourage en effet à « nous transformer en renouvelant notre intelligence » ou encore à « nous renouveler en nourrissant notre esprit de la ‘’connaissance’’ qui vient du Christ ». (Rm 12 : 2 ; Col 3 : 10.)
Nous faisons régulièrement le constat de cette « transformation » ou de ce « renouvellement » par la simple lecture de la Parole Vivante de Dieu… La lecture quotidienne de cette Parole de Dieu nourrit notre esprit de la Vie qui est en Christ et, en plus, elle renouvelle littéralement et physiquement notre cerveau… Faisons nôtre ce conseil biblique suivi par les Béréens de méditer et de se nourrir de la lecture de la Parole de Dieu chaque jour (Ac 17 : 11). Car de la même manière que lorsque nous mangeons nous permettons à notre corps de se régénérer, même si parfois nous ne nous souvenons plus quels furent les aliments absorbés, la lecture de la Parole de Dieu régénère notre esprit et renouvelle notre intelligence…
Nous sommes libres et le diable ne peut nous retenir en esclavage. Peu de chrétiens réalisent vraiment cela, c’est pourquoi ils cherchent ailleurs la réponse à leurs problèmes. Nos pensées sont le premier lieu stratégique où se déroule le combat spirituel avec notre adversaire. L’ennemi en connaît l’importance ; il sait très bien que notre pensée est la clé qui contrôle toute notre vie et que s’il peut en influencer, ne serait-ce qu’une petite partie, cela lui permettra de nous atteindre dans d’autres domaines.
Si le diable arrive à imprégner nos pensées de ses mensonges et de ses doutes, il lui sera ensuite facile de manipuler nos émotions. Si nous ne veillons pas, il cherchera même à nous utiliser pour contaminer la pensée des autres. Rappelons-nous bien cela : notre pensée est le premier centre stratégique du combat spirituel avec l’ennemi.
C’est dans ce domaine que nous devons remporter la victoire et qu’un changement radical doit s’opérer dans notre façon de penser. Du reste, la repentance (en grec
metanoia) signifie « un changement et une réorientation de nos pensées et de notre façon de vivre ». Si le message de la repentance était bien perçu dès la conversion, une multitude de chrétiens changeraient leur façon de penser quant à eux-mêmes, au péché, à la Bible, à Dieu, et même au diable et cela les conduirait à sortir des prisons dans lesquelles ils se sont emprisonnés eux-mêmes.
La Bible nous enseigne que la pensée humaine est, par nature, hostile à Dieu. Nous sommes tous nés avec un esprit rebelle à son égard.
- Romains 8:7 nous dit que « l’affection (la pensée) de la chair est inimitié contre Dieu parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu.
- L’épître aux Colossiens précise qu’avant notre conversion nous étions « étrangers et ennemis par nos pensées et par nos mauvaises oeuvres » (Col 1 : 21). Ephésiens 4 : 17 et 18 nous rappelle que « nous ne devons plus marcher comme les païens qui marchent selon la vanité de leurs pensées. Ils ont l’intelligence obscurcie ».
- La seconde épître aux Corinthiens nous informe que « le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence des incrédules afin qu’ils ne voient pas briller la splendeur de L’Evangile... » (2 Co 4 : 4).
- L’épître aux Romains enseigne que les hommes « se sont égarés dans leurs pensées et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous » (Rm 1 : 21 et 22).
C’est bien dans le domaine de nos pensées qu’un changement radical doit s’opérer si nous voulons vivre une vie chrétienne victorieuse.
Prendre le casque du salut signifie :
- accepter le salut offert par Dieu par l’œuvre expiatoire de Jésus-Christ : le verbe « prendre »,
dechomai utilisé par Paul est un verbe d’action qui signifie prendre, saisir et recevoir, accepter.
- amener nos pensées captives à l’obéissance de Christ ;
- renouveler notre intelligence par la lecture de la Parole de Dieu.
Ainsi, nous retrouverons et entretiendrons cette « image » (
tselem) et cette « ressemblance » (
demouth) de Dieu :
« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu (l’image de Dieu ou intelligence,
tselem), ce qui est bon, agréable et parfait (ressemblance ou capacité de jugement,
demouth). » (Rm 12 : 2)
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