THEONOPTIE

49 Ep 006-015 001 Les chaussures de la paix

mardi 9 mars 2010

« Mettez pour chaussures à vos pieds le zèle que donne l’Evangile de paix » (Ep 6 : 15).

Les soldats romains accordaient une grande importance à leurs sandales parce qu’elles les aidaient à défendre leur vie sur le champ de bataille. Ils savaient aussi que leur efficacité dans le combat dépendait d’elles. Une bonne paire de sandales leur était nécessaire pour avoir une protection complète et une mobilité totale dans la marche et le combat.

Du temps de Paul, les chaussures de premier choix d’un soldat romain étaient des demi-bottes à clous dotées d’une épaisse semelle. Elles étaient munies d’importantes sangles de cuir qui les retenaient au pied. Sous la semelle, il y avait de petites pointes de métal qui s’enfonçaient dans le sol et garantissaient au soldat un meilleur équilibre pour pouvoir tenir ferme dans le combat. Ainsi, dans un corps à corps, il ne perdait pas facilement pied et se déplaçait rapidement sans glisser ni tomber.

Les chaussures du soldat romain étaient conçues, non seulement pour bénéficier d’un meilleur appui sur le terrain, mais aussi pour protéger ses pieds lors de marches extrêmement longues. De plus, l’ennemi plantait souvent dans le sol des bâtons pointus bien affilés, espérant percer les bottes et blesser par là-même les pieds des soldats qui les pourchassaient. Pour s’en protéger, les soldats portaient ainsi des bottes munies d’épaisses semelles impossibles à percer, car une fois leurs pieds blessés, ils se trouvaient dans l’incapacité de marcher et de combattre. Même le meilleur des soldats n’était plus du tout efficace, s’il était blessé.

Dans le combat spirituel, porter de bonnes chaussures est une question de vie ou de mort pour le chrétien. Nous pouvons être ceints de la ceinture de la vérité et porter la cuirasse de la justice d’une vie sainte mais si nous ne portons pas de bonnes chaussures, nous allons tomber ou trébucher dans le combat. Paul précise de plus que nous devons porter à nos pieds, le zèle que donne l’Evangile de paix (Ep 6 : 15).

Le mot « zèle » est la traduction de etoimasia, qui signifie littéralement être prêt à agir, être alerte, avoir un appui ferme et stable.

Les chaussures des soldats romains étaient fermement attachées ; c’est pourquoi, ils avaient le pied très sûr dans le combat et cela, quel que soit le terrain sur lequel ils évoluaient. Ce passage donne une belle image de la stabilité, de la sécurité et de la paix divine que procure l‘Evangile au chrétien.

Nous retrouvons cette notion de stabilité dans le Psaume 91, en particulier au verset 12 (Ps 91 : 12) : « Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre », ce verset ayant été réutilisé hors de son contexte par le diable lorsqu’il tenta Jésus dans le désert (Mt 4 : 6 et Lc 4 : 11). Ce Psaume est souvent intitulé le Psaume de la Protection mais cette protection n’est efficiente que dans le cas où nous demeurons « sous l’abri du Très–Haut » et si nous reposons « à l’ombre du Tout Puissant » (Ps 91 : 1) c’est à dire dans la Paix de Dieu. Dans ce cas, Dieu protège « nos pieds » afin qu’ils ne heurtent pas contre une pierre. Le verbe hébreu nagaph, traduit par heurter, signifie « être battu » ou « donner la victoire » ; et le mot ‘eben, pierre porte la notion de « état naturel ». Le sens de ces mots est que Dieu nous protège si nous nous confions en Lui afin que nous donnions la victoire à notre état naturel appelé par l’apôtre Paul « notre vieille nature » (Rm 6 : 6).

Les chaussures des soldats romains étaient en cuir. Or, le cuir provenant de la peau d’un animal, nécessite la mort de ce dernier… Ceci est une image de la nécessité de la mort expiatoire de Jésus-Christ. Nous voyons aussi que recevoir les chaussures d’un tiers est un symbole fort de rachat : (Rt 4 : 7) « Autrefois en Israël, pour valider une affaire quelconque relative à un rachat ou à un échange, l’un ôtait son soulier et le donnait à l’autre : cela servait de témoignage en Israël ». Dieu nous offre le pardon des péchés et le salut… encore faut-il l’accepter !

Si le salut commence par la repentance [1], il ne se termine pas là car la repentance conduit à la foi et la foi à l’action [2] (Ac 26 : 20 ; 2 Co 7 : 10). Le salut est offert comme un don, une grâce divine, mais Dieu n’impose le salut à personne [3] ; c’est pourquoi, il est accordé à l’homme repentant qui l’accepte, non à cause de ses oeuvres ou de ses mérites, mais par la foi seulement. La Bible enseigne clairement cette vérité fondamentale du salut : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie » (Ep 2 : 8). Le mot « grâce », charis, veut dire faveur que l’on ne peut mériter et que l’on ne méritera jamais quoi qu’on fasse. La base de notre salut est la grâce, et le seul moyen de l’obtenir est la foi. La foi n’est pas une « oeuvre » qui nous fait mériter le salut, elle n’en est que le moyen.

Le salut est un don de Dieu parce qu’un prix inestimable a déjà été payé une fois pour toutes par Jésus sur la croix (Jn 19 : 30). Nous ne pouvons rien ajouter (Hb 10 : 1 à 14) ni retrancher. Lorsque Jésus est mort, le voile du temple s’est déchiré en deux du haut en bas (Mt 27 : 51) pour montrer que le chemin qui mène à Dieu était maintenant ouvert. Les sacrifices terrestres ne sont plus nécessaires. Un seul sacrifice, celui de l’Agneau de Dieu, a été accompli pour toujours et d’une manière parfaite pour l’œuvre de notre salut.

C’est par la foi [4] que nous devons accepter le salut [5] qui nous est ainsi offert par Dieu… (2 Ti 3 : 15) Et revêtir les chaussures, c’est accepter d’être racheté et donc de marcher en nouveauté de vie (Rm 6 : 4), pour notre nouveau Maître, le Fils de Dieu ressuscité et assis à la droite de Dieu.

Ainsi, marchant en nouveauté de vie avec les chaussures à nos pieds, nous serons victorieux :

  • (Lc 10 : 19) « Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire. »
  • (Rm 16 : 20) « Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus–Christ soit avec vous ! »

Dans le verset 15 de l’épître aux Ephésiens, nous lisons que le zèle provient de l’Evangile de paix. En fait, le chrétien peut expérimenter deux sortes de paix.

- La première est la paix avec Dieu. Cette paix est reçue lorsqu’une personne vient au Seigneur Jésus pour être sauvée. Dès qu’elle se repent sincèrement de tous ses péchés et que l’hostilité du vieil homme est ôtée, elle expérimente une paix surnaturelle qui est la paix avec Dieu.

L’apôtre Paul souligne cette vérité importante en déclarant dans l’épître aux Romains (Rm 5 : 1) : « Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ». Les Ecritures nous disent aussi qu’avant d’être sauvés, nous étions ennemis de Dieu mais que la mort de Christ est la base de notre réconciliation avec lui. « Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie » (Rm 5 : 10).

- Mais en plus de la paix avec Dieu, qui fait partie de l’héritage de tout chrétien, il existe aussi la paix de Dieu. Il est malheureusement possible d’avoir la paix avec Dieu sans expérimenter la paix de Dieu. L’apôtre Paul dit que « la paix » nous a été donnée comme faisant partie de l’armure car la paix de Dieu est une paix qui nous protège. Elle nous protège de toute crainte, anxiété, inquiétude, angoisse et de tout ce que le diable voudrait utiliser pour détruire cette précieuse paix divine dans notre vie.
Lisons Col 3 : 15 : « Que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos coeurs » Et Ph 4 : 7 : « Et la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées en Jésus-Christ ». Quelles merveilleuses déclarations de l’apôtre Paul !
Le verbe garder dans le texte grec, phroureo, est très significatif. Il a le sens de : protéger, veiller, surveiller, mettre une troupe en garnison. L’image est en effet celle d’une garnison de soldats qui « veillent » sur quelque chose qui a besoin d’être protégé. En utilisant ce verbe Paul veut attester que « la paix de Dieu » protègera nos coeurs et nos pensées comme les soldats romains entouraient et protégeaient leurs dignitaires. Le prophète Esaïe a bien dit : « A celui qui est ferme dans ses sentiments, tu assures la paix, la paix parce qu’il se confie en toi » (Es 26 : 3). Dans l’Ancien Testament, l’un des noms de Dieu est « Adonaï Shalom » (Jg 6 : 24). Le mot  [6] shalom signifie « souhait de paix dans tout son être », « souhait de paix dans toutes ses entreprises », « paix profonde ». La racine de ce mot signifie « entièreté », « complétion », « achèvement », « bien-être ».
La paix de Dieu nous garde dans une communion toujours plus intime, profonde et sereine avec le Seigneur. Cela ne veut pas dire que vous n’avez plus d’épreuves, mais que vous jouissez d’une paix intérieure totalement indépendante des circonstances ou des personnes. C’est ainsi que les assauts du malin ne vous affecteront plus.

Daniel est un merveilleux exemple de cette double paix. Il a expérimentée la paix de Dieu dans les pires difficultés et dans les plus grands combats. Lorsque le roi a annoncé qu’aucun de ses sujets ne devait prier quelqu’un d’autre que lui-même, Daniel s’est retiré dans sa chambre, a ouvert les fenêtres et a prié comme auparavant (Dn 6 : 10) : il gardait sa paix avec Dieu. Quelle a été sa prière dans une situation aussi critique ? « Il pria et loua son Dieu » (Dn 6 : 10), et « invoqua son Dieu » (Dn 6 : 11). Prière, louange puis supplication ! Et le résultat en a été une paix parfaite au sein même de la tempête. Il a ensuite été capable de passer une nuit entière avec les lions tout en goûtant une paix parfaite alors que le roi dans son palais ne pouvait plus dormir (Dn 6 : 18). Expérimenter la paix de Dieu en toute circonstance quelle arme puissante contre Satan !

En contact direct avec le sol, le pied nous rappelle à la réalité des lois objectives de la vie sur Terre par opposition aux illusions idéologiques subjectives de ceux qui « n’ont pas les pieds sur terre ». Les pieds symbolisent tout ce qui maintient l’homme debout, la stabilité puisque nous reposons sur eux (Ap 1 : 15). Le pied symbolise d’une part notre « marche vers » ou « partir du bon pied », notre dynamisme, ce qui permet d’avancer et d’autre part les « faux pas » de notre vie.

Ainsi, revêtir les chaussures du zèle que donne l’Evangile de paix, c’est :

  • accepter le salut offert (2 Ti 3 : 15) et le fait de devoir être racheté (1 Pi 1 : 18) ; ce qui correspond à être en paix avec Dieu.
  • marcher en nouveauté de vie (Hb 12 : 13) ; ce qui correspond à la manifestation du zèle que donne la paix de Dieu.

Et cela permettra de :

  • marcher sans être meurtri (Lc 10 : 19)
  • marcher victorieux sur l’ennemi (Rm 16 : 20)

Mais pour cela il faut :

  • la lecture assidue de la Parole de Dieu (l’Evangile de paix). Elle produira en nous « le vouloir et le faire selon le bon vouloir de Dieu » (les termes « bon vouloir », eudokia, signifient le dessein bienveillant) (Phi 2 : 13) comme il est écrit dans le Psaume 119 au verset 105 « Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier », c’est elle qui doit nous guider dans notre marche.
  • la prière persévérante. Elle est mentionnée comme dernière partie de l’armure dans la description de Paul. (Ep 6 : 18) « Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. » Nous trouvons plusieurs exemples de prières ; en voici deux :
    • « Eternel ! Conduis-moi dans ta justice, à cause de mes ennemis, aplanis ta voie sous mes pas. » (Ps 5 : 9)
    • « Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l’éternité ! » (Ps 139 : 24)

« Tenez donc ferme : […] mettez pour chaussures à vos pieds le zèle que donne l’Evangile de paix » (Ep 6 : 14 et 15)

Documents liés à celui-ci :

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« 49 Ep 006-018 001 La prière »

(au sujet de l’utilisation des textes)

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