THEONOPTIE

49 Ep 006-014 002 La cuirasse de la justice

mardi 9 mars 2010

« Revêtez la cuirasse de la justice » (Ep 6 : 14).

La cuirasse romaine n’a pas toujours été la même. Avant la réforme de Marius par exemple chaque légionnaire devait acheter son équipement à moins d’en posséder une par héritage. Se côtoyaient donc des soldats portant la côte de maille et des plaques de métal liées par courroies. Rapidement, la côte de maille ou d’écailles est devenue la protection du légionnaire. Le premier siècle voit l’apparition du nouveau standard, la cuirasse articulée. Elle offre l’avantage d’être légère, souple et plus résistante aux coups.

Aucun soldat romain n’allait au combat sans sa cuirasse. Elle couvrait le coeur et le corps et le mettait à l’abri des coups mortels. La cuirasse était la plus belle et la plus brillante partie de son armure. Lorsqu’on marchait près d’un soldat romain, ce n’était pas sa ceinture, ses chaussures, son épée ou son casque qu’on remarquait en premier, même s’ils étaient rutilants, mais sa magnifique cuirasse, la partie la plus lourde de son armure.

Le nom cuirasse est dérivé de « cuir ». Ces éléments étaient en cuir épais, bouilli et moulé sur des formes pour lui donner la dureté du bois. On retrouve dans cette étymologie la présence du cuir provenant de la mort d’un animal.

Cette belle cuirasse symbolise la justice parfaite de Christ, imputée au pécheur par la foi et qui lui donne la joyeuse assurance de son salut, le rend fort de la paix de son Dieu (Rm 5 : 1) et de la certitude de la victoire (Rm 8 : 28, 37 et 39).

Il est important de se revêtir chaque jour de la cuirasse de la justice et de réaffirmer sa position céleste en Christ parce que Satan est un accusateur et un menteur. Il cherche à nous tourmenter en rappelant sans cesse nos erreurs et nos péchés passés. Nous, nous oublions avoir été pardonnés, ce qui peut nous conduire à penser que nous sommes indignes de servir le Seigneur. Par ses accusations, il se plaît à détruire notre témoignage dans ce monde.

Il faut toutefois faire la distinction entre les accusations de Satan et l’éducation de Dieu :

  • Le Seigneur nous corrige parce qu’Il nous aime ; Satan nous accuse parce qu’il nous hait.
  • Le Saint-Esprit utilise la Parole de Dieu pour nous corriger ; Satan se sert de nos pensées et de nos émotions pour nous accuser.
  • Dieu nous corrige pour nous attirer plus près de Lui ; Satan nous accuse pour nous éloigner du Seigneur.
  • Le Seigneur nous corrige pour nous discipliner et nous amener à une plus grande consécration ; Satan nous accuse pour nous déprimer et nous décourager.
  • Dieu nous corrige pour que nous allions toujours de l’avant et soyions pleins d’espérance ; Satan, lui, nous accuse et nous fait regarder en arrière pour que nous abandonnions la course.

Nous venons d’employer à plusieurs reprises le mot « corriger » ou « correction » mais il faut bien comprendre ce terme que nous associons à « châtiment ». Ce mot est utilisé dans la Parole de Dieu :

  • « Celui qui reprend le moqueur s’attire le dédain, Et celui qui corrige le méchant reçoit un outrage. » (Pr 9 : 7) Il est la traduction de yakach qui signifie justifier ou faire justice, raisonner ou se faire une raison ensemble.
  • « Heureux l’homme que Dieu châtie ( yakach) ! Ne méprise pas la correction du Tout–Puissant. » (Jb 5 : 17 ; lire aussi Pr 3 : 11, 6 : 23, 10 : 17, 12 : 1) Le mot correction est la traduction de mousawr qui signifie avis, leçon, enseignement, instruction morale.

Pour bien saisir le sens de cette correction et donc de la justification, il faut bien comprendre que :

-  la justification est l’œuvre de Dieu par laquelle la justice de Jésus-Christ est comptée en faveur du pécheur de sorte que le pécheur est déclaré par Dieu juste selon la Loi (Rm 4 : 3 et 5 : 1 et 9 ; Ga 2 : 16 et 3 : 11). Cette justice n’est ni gagnée ni conservée par des efforts quels qu’ils soient de la personne sauvée. La justification est un événement instantané ayant pour résultat la vie éternelle. Elle repose complètement et exclusivement sur le sacrifice de Jésus sur la croix (1 Pi 2 : 24) et ne peut être reçue que par la foi (Ép 2 : 8 et 9). Aucune œuvre n’est nécessaire pour obtenir la justification, autrement il ne s’agirait pas d’un don (Rm 6 : 23). Par conséquent, nous sommes justifiés par la foi (Rm 5 : 1).

-  La sanctification, d’autre part, fait appel aux œuvres de l’individu. Mais là encore, c’est Dieu qui est à l’œuvre dans le croyant pour produire un caractère et un mode de vie plus vertueux dans l’individu qui a déjà été justifié (Ph 2 : 13). La sanctification n’est pas instantanée car elle n’est pas l’œuvre de Dieu seul. L’individu justifié est activement engagé à se soumettre à la volonté de Dieu, à résister au péché, à rechercher la sainteté et à s’efforcer d’être plus vertueux (Ga 5 : 22 et 23). De manière significative, la sanctification n’a aucune incidence sur la justification. Même si notre vie n’est pas parfaite, nous sommes quand même justifiés tant que nous désirons être agréable à Dieu :

o « Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Certes non ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? » (Rm 6 : 1 et 2) o « Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification. » (1 Th 4 : 7)

Ainsi la correction divine prend en compte la justification et la sanctification comme l’indique le sens du mot corriger, yakach, qui signifie « se faire une raison ensemble ». Par ailleurs, le terme employé par Paul dans l’épître aux Ephésiens lorsqu’il décrit la cuirasse est thorax ; ce terme décrit un corset rigide formé de deux parties et protégeant le corps depuis le cou jusqu’au ventre, utilisé surtout par les grecs : la sanctification permet d’avancer ; la justification assure nos arrières !

Lisons le passage d’Apocalypse 12 : 10 et 11 : « Il (le diable) a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau (justification) et à cause de la parole de leur témoignage (sanctification) et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort ».

D’après ce passage, le sang de Christ est une arme puissante pour nous protéger contre les accusations du diable ; il fait donc nécessairement partie intégrante de cette cuirasse de la justice. Le sang de Jésus-Christ est fondamental dans la conception de la rédemption selon le Nouveau Testament [1] car c’est grâce à lui que les chrétiens ont été libérés [2] du pouvoir de Satan. D’ailleurs le terme cuirasse en hébreu se dit shiryon, shiryan, shiryah ou shiryonah (Es 59 : 17) ; mais tous ces mots ont une racine commune, sharah qui signifie libérer, rendre libre et avoir un avenir.

Si nous voulons garder « la cuirasse de la justice » solidement en place dans notre vie chrétienne et repousser toutes les accusations de l’ennemi, il faut que nous saisissions toute la valeur que le sang de Christ a aux yeux de Dieu. De cette compréhension dépendra aussi l’expérience des nombreuses bénédictions qui en découlent.

Nous ne pouvons dissocier « la cuirasse de la justice » du sang de Christ. Le sang de Jésus est précieux, c’est-à-dire qu’il a une valeur inestimable parce qu’il a accompli tout ce qui suit pour nous :

  • Sur la croix, le sang de Christ a été versé pour ôter le péché et nous réconcilier avec Dieu (Rm 5 : 8 ; 5 : 19 ; Ph 2 : 8).
  • Le sang de Christ pardonne les péchés de tous ceux qui se repentent et croient (Mt 26 : 28).
  • Son sang nous délivre de la puissance de Satan et des puissances mauvaises (Ac 20 : 28 ; Ep 1 : 7 ; 1 Pi 1 : 18 et 19 ; Ap 5 : 9 et 12 : 11).
  • Son sang justifie tous ceux qui croient en lui (Rm 3 : 24 et 25).
  • Son sang purifie notre conscience pour nous permettre de servir Dieu sans aucune culpabilité et dans une pleine assurance (Hb 9 : 14, 10 : 22 et 13 : 18).
  • Son sang sanctifie le peuple de Dieu (Hb 13 : 12 ; 1 Jn 1 : 7 à 10).
  • Son sang nous donne un libre accès dans la présence même de Dieu (Hb 7 : 25 et 10 : 19 ; Ep 2 : 13 et 18).
  • Son sang est une garantie de toutes les promesses de la Nouvelle Alliance (Hb 10 : 29 ; 13 : 20 ; Mt 26 : 28 ; 1 Co 11 : 25).
  • Le sang de Christ est continuellement appliqué à chaque chrétien qui s’approche de Dieu par Christ pour être purifié et réconcilié (Hb 7 : 25, 10 : 22 ; 1 Jn 1 : 7).

« Christ a été fait pour nous sagesse, justice (ou justification) et sanctification et rédemption » (1 Co 1 : 30). La cuirasse de « la justice » suggère aussi au chrétien qui s’est approprié « la justice de Christ », d’en traduire les effets dans sa propre vie en manifestant un caractère juste, droit, intègre et honnête. Satan se moque de celui qui vit dans le péché dont la conduite n’est pas caractérisée par ces qualités-là et qui applique « magiquement » le sang de Christ dans sa vie. Remarquons aussi que la justice de Dieu est étroitement liée à sa miséricorde ! Notre justice doit être étroitement liée à l’amour que nous manifestons aux autres !

Notre cœur, symbole de nos pensées et de nos jugements, doit être en permanence couvert par la justice de Dieu afin que nos jugements soient toujours emprunt de la Justice de Dieu, c’est à dire droits mais aussi remplis de miséricorde et d’amour… Car Dieu est Juste mais sans la miséricorde, nous ne pourrions vivre…

Nous pouvons prendre une image : imaginons-nous passer par une porte, la seule possible, pour entrer dans le royaume de Dieu ; il s’agit de la justification.

Puis nous empruntons un chemin plus ou moins escarpé qui mène à la cité céleste ; marcher sur ce chemin correspond à la sanctification.

Nous ne pouvons être immobiles sur ce chemin : si nous n’avançons pas, nous reculons… et si nous reculons, un moment donné, nous repasserons la porte dans l’autre sens !

« Mais, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, selon qu’il est écrit : Vous serez saints, car je suis saint. Et si vous invoquez comme Père celui qui juge selon l’oeuvre de chacun, sans favoritisme, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre séjour sur la terre ; vous savez que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache, prédestiné [3] avant la fondation du monde... » (1 Pi 1 : 15 à 20).

Documents liés à celui-ci :

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(au sujet de l’utilisation des textes)

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