THEONOPTIE

49 Ep 006-014 001 La ceinture de la vérité

samedi 6 mars 2010

« Ayez à vos reins la vérité pour ceinture » (Ep 6 : 14).

Le glaive (gladius) est l’arme typique du légionnaire. La lame est large et courte (environ 60 cm) et à double tranchant. Elle permet au soldat de frapper de taille, de revers et d’estoc [1]. En fait l’entraînement porte surtout sur la frappe d’estoc portée de bas en haut en direction de l’abdomen ou de la poitrine.

Satan est un menteur et le père du mensonge (Jn 8 : 44) ; seul un chrétien dont la vie est contrôlée par la vérité (et non plus par le mensonge) peut le vaincre.

Regardons de plus près l’armure du soldat romain dont parle Paul : toute l’armure était réalisée ou recouverte de cuir, or le cuir, fait de peau, nécessite la mort d’un animal… Comme les premiers vêtements que Dieu a fait à Adam et Eve : il a fallu un sacrifice. Cet aspect de l’armure montre que ce n’est qu’au travers du sacrifice de Jésus-Christ que l’on peut revêtir ces armes.

Quel enseignement apporte le premier élément mentionné : la ceinture. Le soldat romain mettait une ceinture à ses reins avant de revêtir son armure. Cette ceinture tenait ses vêtements afin que sa marche n’en soit pas gênée ; elle servait aussi à y accrocher son armure ainsi qu’à affermir son dos pour demeurer ferme et solide. Ces deux aspects de la ceinture du chrétien imagent les deux axes de la vérité :

  • ce que l’on reçoit de la part de Dieu ;
  • ce que l’on donne, c’est à dire nos actions ou nos paroles symbolisées par les reins.

1- Ce que l’on reçoit :

La Vérité de la Parole de Dieu est fondamentale dans l’armure du chrétien. Ce monde ne possède pas de vérité absolue [2]. Son raisonnement est le suivant : « Si quelque chose marche, c’est que c’est vrai ». Cette façon de penser s’est malheureusement infiltrée dans beaucoup d’églises qui considèrent qu’une expérience spirituelle est authentique simplement sur la base qu’elle leur a fait du bien, même si elle n’est pas biblique. Le mensonge le plus dangereux est celui qui ressemble le plus à la vérité.

La vérité n’est pas subjective, elle est fondée sur la Vérité absolue et objective de la Parole de Dieu.

  • La Bible est la vérité écrite (Jn 17 : 17) ;
  • Jésus est la vérité incarnée (Jn 14 : 6) ;
  • L’Esprit de Dieu est l’Esprit de vérité (Jn 16 : 13).

La ceinture de la vérité nous rend et nous garde libre [3] (Jn 8 : 32). Seul Christ peut nous rendre réellement libre car, depuis la chute, c’est la loi du péché qui agit dans nos membres, comme l’écrit l’apôtre Paul : (Rm 7 : 20 à 24) « Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ?... »

Mais avec Christ, la Vérité nous rend libre ! [4] (Rm 8 : 2) « En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m ’a affranchi de la loi du péché et de la mort. » Pourquoi et comment ? En mettant en lumière notre état de pécheur devant Dieu : le Saint-Esprit agit dans le cœur du pécheur pour qu’il réalise son état de révolte totale contre Dieu lui-même et sa Parole. Il s’aperçoit alors que toute sa vie n’est qu’un combat contre Dieu en ayant délibérément choisi de vivre d’une manière indépendante de Lui (Jn 16 : 9). Le ministère du Saint-Esprit n’a pas seulement pour but de montrer au pécheur qu’il est perdu mais de lui révéler également que tout péché est avant tout une anarchie et un défi à la « Seigneurie » (Mt 7 : 21) de Dieu.

La ceinture de la Vérité nous protège des fausses doctrines (1 Ti 4 : 1 à 5). La Parole de Dieu est centrale, fondamentale et pleinement suffisante pour tout chrétien qui aime la vérité. Elle éclaire et libère alors que le mensonge séduit et rend esclave. Tout ce qui n’est pas conforme à la vérité des Ecritures doit être rejeté catégoriquement. Le chrétien doit en avoir une connaissance approfondie et une foi ferme en elle. La Bible a été écrite pour nous juger et non pour que nous la jugions. Il existe une grande différence entre ces deux attitudes.

L’Evangile à « l’eau de rose » que certains prêchent aujourd’hui est celui d’un « Dieu » tolérant qui existe uniquement pour nous faire du bien. On ne nous dit pas que nous avons à nous présenter avec un cœur repentant devant un Dieu Saint pour lui confesser notre culpabilité. On nous persuade, au contraire, de « prendre une décision pour Christ », nous promettant que tout ira beaucoup mieux dans notre vie, si nous le faisons. Ce n’est pas là l’Evangile !

C’est par la Vérité de l’Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ que les personnes sont libérées et non en « liant » le diable, quoique parfois des inconvertis aient besoin d’être délivrés de démons.

La Bible enseigne que nous devons être attachés à la vraie Parole (Tit 1 : 9), tester toute doctrine (1 Jn 4 : 1), condamner celles qui sont fausses (Ep 5 : 11), réfuter les faux docteurs (Tit 1 : 9 et 13), nous séparer de ceux qui persistent dans de faux enseignements (Rm 16 : 17 ; Tit 3 : 10), de peur qu’en fin de compte nous soyons disqualifiés à Son service (2 Ti 2 : 20 et 21), et même pire, que nous soyons identifiés aux faux docteurs eux-mêmes et à leurs fausses doctrines (2 Jn 10 et 11).

Tout ce qui est nouveau doit être considéré avec beaucoup de prudence. Ces dernières années, trop de notions et pratiques non-scripturaires ont été acceptées par les églises, sous prétexte qu’elles sont « de nouvelles vérités révélées » pour les derniers temps. La réalité est que la Bible n’enseigne pas du tout cela. Elle prédit exactement le contraire (1 Ti 4 : 1 et 2). Il faut se méfier des « prédicateurs » qui croient être plus sages que les apôtres du Seigneur et plus saints que les martyrs de la première Eglise.

Actuellement, de plus en plus de chrétiens se proclament d’accord avec les vérités fondamentales des Ecritures tout en faisant des compromis ou des alliances avec ceux qui renient précisément certaines d’entre elles ; citons, par exemple, ceux qui rejettent l’autorité finale de la Bible. La parole suivante de Jésus n’a jamais été aussi à propos qu’aujourd’hui : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jn 14 : 15).

2 - Ce que l’on donne :

Nos paroles, nos actes doivent être vrais ! Jésus a donné une règle simple : « Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin » (Mt 5 : 37). Et qu’ajoute-on ?

  • Oui, je te pardonne, mais…
  • Oui, tu as raison mais…

On ajoute très souvent, pour ne pas dire systématiquement, « MAIS » ! Cette conjonction amoindrit le « oui » qui devient une sorte de « demi-oui », une sorte de demi-vérité !

On pourrait dire que ne pas être dans la vérité, ce n’est pas forcément mentir… Il faut faire une distinction entre un mensonge où l’on dit volontairement quelque chose de faux et une demi-vérité où l’on dit quelque chose de complètement vrai mais de façon à induire en erreur. C’est donc une demi-vérité parce que ce n’est pas toute la vérité !

Par exemple « Le réveil n’a pas sonné » lors d’un retard peut être une demi-vérité : le fait qu’il n’ait pas sonné est intrinsèquement authentique ; c’est juste que formulé comme ça, cette phrase sous-entend que le réveil aurait dû sonner et que je comptais sur le fait qu’il sonne pour arriver à l’heure. Ces informations sous-entendues sont clairement fausses si je n’ai pas programmé le réveil pour qu’il sonne mais ce ne sont pas des informations que j’ai communiquées. Ce sont des informations qui ont été inventées par l’interlocuteur. Et pour se justifier, on peut se dire « Ce n’est quand même pas de ma faute s’il interprète ce que je dis ! ».

Toute la force de la demi-vérité est qu’elle utilise le fait qu’on ne veut pas dire toute la vérité et que l’interlocuteur ajoute forcément des informations à ce qui est dit pour pouvoir se représenter la réalité. Cela semble être un processus naturel qui conduit à un malentendu et n’être que de temps en temps un petit coup de pouce à la nature…

Mais à quoi sert exactement ce genre de raisonnement ? Il ne s’agit que d’un artifice pour être en paix avec sa conscience ! Il n’y a pas de différence morale entre un mensonge et une demi-vérité.

En demeurant dans la Vérité, notre témoignage sera percutant et surtout recevable (3 Jn 1 : 12)… Sinon, nos interlocuteurs feront comme les gendres de Lot lorsqu’il leur parla de ce qui devait se passer à Sodome (Gn 19 : 14).

Nous avons aussi le récit de Ananias et Saphira qui prétendent être disciples de Jésus (Ac 5 : 1 à 11). Comme beaucoup à ce moment-là, ils vendent une partie de leurs biens, une propriété et apportent l’argent aux disciples qui le distribuent à ceux qui en ont besoin. La première chose qu’ils font croire, c’est qu’ils ont vendu la propriété pour les pauvres… En réalité, Ac 5 : 8 nous montre qu’ils souhaitaient s’en « défaire » comme d’un bien embarrassant [5] ! En plus de cette demi vérité, ils se mettent d’accord pour garder une partie de l’argent et faire « comme si » ils ont tout donné. Une deuxième demi-vérité… Faire « comme si »…

On retrouve cette attitude chez Pierre devant les juifs (Ga 2 : 12 à 14) : il faisait « comme si ». Mais « voyant qu’ils ne marchaient pas droit selon la Vérité de l’Evangile », Paul le reprit mais sans l’accuser de « mensonge » ; le texte biblique emploie le mot « dissimulation » : une partie de la vérité était dissimulée…

Conclusion :

Combien il est urgent d’avoir, avant tout et par-dessus tout, la ceinture de la Vérité à nos reins ! Ainsi nous pourrons réaliser des choses ordinaires de façon extra-ordinaire ! (1 Rs 18 : 46)

Le ceinturon militaire (cingulum) est une pièce maîtresse de l’équipement du soldat romain car il symbolise son appartenance à l’armée. Aussi, même en tenue civile, le soldat l’arbore toujours avec fierté. De même, la ceinture de Vérité est une marque de notre appartenance à l’armée du Dieu Vivant.

D’ailleurs, dans l’Ancien Testament, le mot Vérité est la traduction de ‘emeth qui implique toujours la relation d’une personne à Dieu ou une autre personne, et a trait à ses paroles et ses actions : ‘emeth est ce en quoi d’autres peuvent dépendre. Nous comprenons mieux cette parole de Jésus : (Jn 8 : 58, 14 : 6) « Je suis la vérité ». Ainsi, ‘emeth implique une relation, ce n’est pas qu’un fait objectif mesurable… Par ailleurs, si nous retirons la lettre ‘Aleph qui représente Dieu dans son unité, le mot ‘emeth devient meth… Or meth signifie mort… Le message est simple : sans Dieu, la Vérité n’existe pas et toute vérité sans Dieu mène à la mort !

Thomas Jefferson, le troisième président des États-Unis d’Amérique de 1801 à 1809 a écrit : « L’homme qui ne craint pas la vérité n’a rien à craindre du mensonge. » [6]

Demeurons dans la Vérité… pour la vérité… Et alors l’ennemi de nos âmes, le père du mensonge et de la tromperie, n’aura aucune prise sur nous…

Documents liés à celui-ci :

« 60 1 Pi 004-012 002 Le combat spirituel du disciple de Christ »
« 49 Ep 006-014 001 La ceinture de la vérité »
« 49 Ep 006-014 002 La cuirasse de la justice »
« 49 Ep 006-015 001 Les chaussures de la paix »
« 49 Ep 006-016 001 Le bouclier de la foi »
« 49 Ep 006-017 001 Le casque du salut »
« 49 Ep 006-017 002 L’épée de l’Esprit »
« 49 Ep 006-018 001 La prière »

(au sujet de l’utilisation des textes)

Notes

[1] L’estoc et la taille sont des termes anciens désignant respectivement un coup porté par la pointe de l’arme et par le tranchant.

[2] Voir « 43 Jn 018-038 001 La Vérité universelle existe-elle ? »

[3] Voir « 43 Jn 008-032 001 La vérité vous rendra libres »

[4] Voir « T0077 Libre en prison »

[5] Voir « 44 Ac 005-002 001 La mort d’Ananias et de Saphira »

[6] Thomas Jefferson (1743-1826), troisième président des États-Unis d’Amérique de 1801 à 1809, philosophe, agronome, inventeur et architecte, attaché aux Droits de l’homme. Il lutta contre l’esclavage.

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