La Parole de Dieu annonce à plusieurs reprises les jugements de Dieu… Parmi ceux-ci, un jugement a déjà eu lieu : en Christ, nos péchés ont été jugés une fois pour toutes (Es 53 : 4 à 6, Jn 1 : 29, 2 Co 5 : 21, Ga 3 : 13, Hb 10 : 10 à 14, 1 Pi 2 : 24, 1 Jn 2 : 2). En Christ, le croyant est par conséquent libéré de la culpabilité [1] et de la peine du péché parce que Christ en a accepté la culpabilité et en a payé la peine pour lui [2]. Aucun croyant ne sera jugé pour ses péchés puisqu’il a déjà été jugé en Christ (Jn 5 : 24). Il y a cependant un jugement actuel pour les croyants, c’est le jugement du péché dans leur propre vie. Paul exhorte les croyants à se juger eux-mêmes en privé (1 Co 11 : 3 et suivants) et dans la vie de l’Eglise (1 Co 5 : 5, 1 Ti 1 : 20 et 5 : 19) [3]. Le Seigneur châtie [4] ses enfants désobéissants pour les inciter à juger le péché dans leur vie et à l’abandonner (2 Sm 7 : 14 et 12 : 13, Hb 12 : 5 à 13).
C’est sciemment que le mot jugements est employé au pluriel car il n’y a pas plus de jugement général qu’il n’y a de résurrection générale [5]. Le moment, les sujets et les résultats indiquent qu’il y a au moins sept futurs jugements différents comme il y a plusieurs futures résurrections.
1. Le jugement des croyants
Lorsque Jésus reviendra [6], Il jugera [7] les croyants d’après leurs oeuvres (Rm 14 : 10 ; 1 Co 3 : 11 à 15 et 4 : 5 ; 2 Co 5 : 10). Chacun devra rendre compte de l’utilisation qu’il a faite de ses talents (Mt 25 : 14 à 30), de ses mines (Lc 19 : 11 à 27) et des occasions (Mt 20 : 1 à 16) qui lui ont été données [8]. Ce jour-là il sera déclaré si quelqu’un a construit avec du bois, du foin, du chaume ou avec de l’or, de l’argent et des pierres précieuses (1 Co 3 : 12) :
- Si c’est avec les premières, ses oeuvres seront consumées mais il sera cependant sauvé comme au travers du feu (1 Co 3 : 15) ;
- Si c’est avec les dernières, il recevra une récompense (v. 14). La Bible mentionne plusieurs couronnes ou trophées :
- la couronne incorruptible (1 Co 9 : 5),
- la couronne de justice (2 Ti 4 : 8),
- la couronne de vie (Jc 1 : 12 ; Ap 2 : 10),
- la couronne de gloire (1 Pi 5 :4) et
- la couronne de joie (1 Th 2 : 19 ; voir Ph 4 : 1).
2. Les jugements d’Israël
Dans un sens particulier, la Grande Tribulation sera le jour de l’angoisse de Jacob mais il « en sera délivré » [9] (Jr 30 : 7). Dans l’Apocalypse (Ap 12 : 6 et 13 à 17), nous voyons les persécutions d’IsraëI pendant cette période ; seuls ceux qui seront marqués sur le front [10] seront épargnés (Ap 7 : 1 à 8). Mais il semble qu’il y aura un jugement ultérieur provenant de Dieu Lui-même en rapport avec le rassemblement des dispersés d’Israël. Ézéchiel, parlant de ce jugement, le décrit comme une purge des rebelles parmi les Israélites lors de leur retour vers la Terre Sainte [11]. Ils seront tirés du pays de leur séjour mais ils périront dans le désert et n’entreront pas dans le pays d’Israël (Ez 20 : 33 à 38). Malachie semble avoir ce même jugement lorsqu’il présente le Seigneur comme un fondeur purifiant les fils de Lévi (Ma 3 : 2 à 5). Ces jugements se produisent sur la terre et ont lieu en rapport avec le retour du Seigneur [12]. Ils déterminent quels sont ceux, parmi les Israélites, qui retourneront dans la Terre Sainte et constitueront le peuple d’lsraël de l’époque à venir.
3. Le jugement de Babylone
Sous l’image d’une femme et d’une bête, l’Apocalypse décrit un système religieux fédéré et un système politique (Ap 17 : 1 à 19 : 4). La femme est d’abord assise sur la bête : le système politique sera dominé pendant un temps par un système religieux [13]. Mais les dix cornes se tourneront contre la femme et la haïront, la dépouilleront et la détruiront. La bête s’accaparera alors elle-même de l’autorité politique. Il semble aussi y avoir une coalition entre le monde religieux et commercial. Lorsque Babylone en tant que système religieux est détruite, elle réapparaît dans une grande organisation commerciale universelle mais sa prospérité est de courte durée. En un jour, le Seigneur Dieu la jugera et la détruira complètement. Les marchands de la terre déploreront sa destruction mais les habitants du ciel se réjouiront et chanteront « Alléluia ! » lorsqu’elle sera renversée. Son jugement a lieu avant le retour du Seigneur sur Terre (Ap 19 : 1 à 4 et 11 à 21) et son jugement est une condamnation éternelle (Ap 19 : 19 à 21).
4. Le jugement de la bête, du faux prophète et de leurs armées
Vers la fin de la Grande Tribulation, les esprits méchants émanant du dragon, de la bête et du faux prophète iront rassembler les nations de la Terre pour le combat du grand jour de Dieu (Ap 16 : 12 à 16). Ils se rassembleront pour s’emparer de Jérusalem et détruire les Juifs du pays d’Israël (Zc 12 : 1 à 9, 13 : 8 à 14 : 2) mais juste au moment où la victoire semblera assurée, Christ descendra du ciel avec ses armées (Ap 19 : 11 à 16) et interviendra en faveur d’Israël. Ces hordes se tourneront alors pour combattre le Fils de Dieu mais le conflit sera court et décisif. La bête et le faux prophète seront pris et jetés vivants dans l’étang de feu (Ap 19 : 19) et leurs armées seront tuées par l’épée qui sort de la bouche de Christ (2 Th 1 : 7 à 10 et 2 : 8 ; Ap 19 : 21). L’opposition politique sera ainsi éliminée et la voie ouverte pour l’instauration du règne de Christ. Il faut remarquer que ce jugement aura lieu lors du retour de Christ sur la Terre. Il ne comprendra que les armées et leurs chefs qui se seront opposés à Christ. Le résultat, c’est l’étang de feu et la condamnation éternelle.
5. Le jugement des nations
Certains passages (Jl 3 : 11 à 17 ; Mt 25 : 31 à 46 ; 2 Th 1 : 7 à 10) parlent du jugement des nations. Il faut distinguer ce jugement de celui devant le Grand Trône blanc [14] car celui-ci précède le millénium. Il faut aussi le distinguer du jugement de la bête, du faux prophète et de leurs armées. Les nations envoient les armées mais sont distinctes de celles-ci. Après avoir réglé le cas des armées, Jésus-Christ rassemblera les nations pour le jugement. Il faut noter que les brebis entrent dans le royaume tandis que les boucs s’en vont à une condamnation éternelle. Mais il faut aussi noter que, bien que le traitement accordé aux frères du Seigneur, probablement Israël, soit mentionné en rapport avec ce jugement, les raisons plus profondes de ce jugement résident dans le fait que les brebis ont la vie éternelle tandis que les boucs ne l’ont pas.
6. Le jugement de Satan et de ses démons
Pendant la Grande Tribulation, Satan sera précipité sur la Terre (Ap 12 : 7 à 9 et 12). Lorsque Christ viendra sur la Terre, Satan sera lié et jeté dans l’abîme pour mille ans (Ap 20 : 1 à 3). Après ces mille ans, il sera relâché pour une courte période. Pendant ce temps, il ira de nouveau séduire les nations de la terre et réussira à rassembler une grande multitude pour faire la guerre contre le camp des saints et la ville bien-aimée, Jérusalem (Ap 20 : 7 à 9 ; Ez 38 et 39). Mais le feu descendra du ciel et les consumera tous. Ils comparaîtront sans doute un peu plus tard devant le Grand Trône blanc [15] pour être jugés et jetés dans l’étang de feu avec les autres qui ne sont pas sauvés. Après cela, Satan lui-même sera jugé et jeté dans l’étang de feu (Ap 20 : 9). C’est à ce moment-là également que les anges déchus seront jugés (2 Pi 2 : 4 ; Jud 6). Nous lisons que le feu éternel est préparé « pour le diable et pour ses anges » (Mt 25 : 41) et c’est à ce moment qu’ils seront conduits à leur sort (voir Mt 8 : 29 ; Lc 8 : 31).
7. Le jugement des morts qui ne seront pas sauvés
Ce jugement se déroulera après le millénium (Ap 20 : 11 à 15 et 21 : 8). A la fin du millénium aura lieu la seconde résurrection (Ap 20 : 5). Une bénédiction est prononcée sur ceux qui ont part à la première résurrection mais non sur ceux qui ressuscitent au moment de la seconde résurrection. Cela laisse sous-entendre que leur sort n’a rien de réjouissant. Ce sont tous ceux qui n’ont pas été sauvés, ils ressuscitent pour comparaître devant le grand trône blanc. Ce groupe comprend les riches et les pauvres, les hommes libres et les esclaves, les rois et les sujets, les savants et les ignorants, les employeurs et les employés ; tous seront également coupables devant le Juge [16].
- Nous pouvons dire deux choses à propos de la base de ce jugement :
- Ces gens seront jugés « d’après ce qui était écrit dans ces livres » (Ap 20 : 12). Ce sont évidemment les Livres dans lesquels sont écrits les noms de ceux qui ne sont pas sauvés. Mais en plus de ces livres, il est aussi question d’un « autre Livre… qui est le Livre de vie » (Ap 20 : 12). C’est le Livre de la grâce divine dans lequel sont écrits les noms des héritiers de la grâce (Lc 10 : 20 ; Ap 3 : 5, 13 : 8, 17 : 8, 20 : 12 et 15 et 21 : 27).
- Ils seront jugés d’après leurs oeuvres. « Le jugement découle de la preuve fournie aussi bien par les oeuvres que par le Livre de vie. » [17] Le croyant sera récompensé selon ses oeuvres mais l’incroyant sera jugé selon elles (voir Rm 2 : 5 à 11). L’ignorance de la volonté du Seigneur n’excusera personne mais elle amoindrira la condamnation (Lc 12 : 47) car chacun a reçu « l’œuvre de la loi, écrite dans son cœur, sa conscience en rendant témoignage » (Rm 2 : 15).
- Tous ceux dont les noms ne seront pas trouvés dans le Livre de vie seront jetés dans l’étang de feu (Ap 20 : 15) qui est la seconde mort (Ap 21 : 8). D’après la claire et terrifiante révélation de la Parole de Dieu, la future condamnation sera éternelle. Entre l’homme riche et Lazare, il y avait un abîme, de manière à rendre impossible le passage d’un royaume à l’autre (Lc 16 : 26). La géhenne est un état « où leur ver ne meurt point et où le feu ne s’éteint point » (Mc 9 : 48). Il semble que ce passage soit une citation du prophète Esaïe (Es 66 : 24) et il laisse sous-entendre qu’il y aura toujours quelque chose que le ver pourra manger et que le feu pourra consumer. Nous voyons que la fumée du tourment des adorateurs de la bête monte « aux siècles des siècles » (Ap 14 : 11). Ils ne sont certainement pas choisis parmi les damnés de la terre pour recevoir une condamnation plus sévère que les autres qui sont tous aussi damnés. La bête et le faux prophète sont encore en vie après mille ans de condamnation dans l’étang de feu (Ap 19 : 20 et 20 : 10). Et les méchants sont jetés dans le même étang de feu (Ap 20 : 12 à 15 et 21 : 8). On pourrait difficilement dire qu’ « Il aurait été préférable pour Judas de n’être pas né » (Mt 26 : 24) si après des siècles et des millénaires, il serait finalement restauré à une vie bienheureuse. Mais le point le plus important est peut-être la signification des mots grecs
aion et
aionios :
- Le premier revient plus de 120 fois dans le Nouveau Testament traduit par des mots comme « siècle » (2 Co 4 : 4), « jamais » (Jn 4 : 14) et « éternellement » (Jn 6 : 51). Avec la préposition
eis (comme dans Jn 6 : 51), il signifie toujours une durée sans fin.
- L’adjectif
aionios revient environ 70 fois dans le Nouveau Testament. Il est appliqué à Dieu (Rm 16 : 26), à Christ (2 Ti 1 : 9), au Saint-Esprit (Hb 9 : 14), aux bénédictions des croyants (2 Th 2 : 16 ; Hb 9 : 12), à la condamnation des damnés (2 Th 1 : 9)... Le terme revient parfois deux fois dans la même phrase ; il est alors traduit par « éternel » (littéralement « le siècle du siècle », Hb 1 : 8). Il est souvent au pluriel « aux siècles des siècles » (Ga 1 : 5). Le passage le plus marquant est probablement Mt 25 : 46 [18] dans lequel l’éternité de la condamnation des damnés est mise en parallèle à l’éternité de la félicité des sauvés. Si le croyant vivra éternellement dans la présence de Dieu et jouira de sa faveur, l’incroyant existera éternellement loin de la salutaire présence de Dieu.
Diverses objections à cette doctrine ont été présentées.
- Les damnés seront détruits (Ps 9 : 6 et 92 : 8 ; 2 Th 1 : 8) : la génération de Noé a été détruite (Lc 17 : 27), de même que les villes de Sodome et de Gomorrhe (Lc 17 : 29) mais elles comparaîtront cependant pour le jugement (Mt 11 : 24). La destruction ne signifie pas l’annihilation ; ce qui a été détruit ne peut plus servir à ce pour quoi il avait été conçu.
- Les damnés périront (Ps 37 : 20 ; Pr 10 : 28 ; Lc 13 : 1 à 3). Mais périr, ce n’est pas cesser d’exister. Les disciples se sont écriés : « Seigneur, sauve, nous périssons ! » (Mt 8 : 25) mais ils ne voulaient pas dire qu’ils étaient en danger d’être annihilés. Caïphe a dit : « Que la nation entière ne périsse pas » (Jn 11 : 50) mais il n’exprimait que sa crainte que les Romains viennent et s’emparent de leur ville et de leur nation. Paul utilise le même mot à propos de l’affaiblissement physique du corps. Il dit : « Même si notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour » (2 Co 4 : 16).
- Pour les damnés, le jour qui viendra « ne leur laissera ni racine ni rameau » (Mal 4 : 1). Mais cette référence ne parle que du corps. Ils seront physiquement embrasés mais spirituellement ils continueront d’exister (voir aussi Pr 2 : 22).
- Les méchants mourront dans leurs péchés (Ez 18 : 4 ; Jn 8 : 21 ; Rm 6 : 23). Mais la mort est une séparation non une extinction. Nous pouvons en prendre à témoin l’homme riche et Lazare (Lc 16 : 19 à 31) et les âmes sous l’autel (Ap 6 : 9 à 11). Si la première mort ne signifie pas l’extinction, comment pouvons-nous soutenir que ce sera le cas pour la seconde (Ap 20 : 15 et 21 : 8 ; voir Ap 19 : 20 et 20 : 10) ?
- Toutes choses doivent être rétablies. Ceci n’est qu’une citation partielle du livre des Actes (Ac 3 : 21) ; la déclaration complète est limitée par les mots « dont a parlé Dieu anciennement par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois ». Il est ici question du futur Royaume de Dieu sur la Terre.
- Ce qui est considéré comme la plus solide objection, c’est le fait qu’un Dieu d’amour ne pourrait pas punir ses créatures éternellement. C’est oublier qu’à la mort notre caractère est fixé et que la Justice de Dieu impose que les vivants soient séparés des morts. Ce n’est pas l’amour de Dieu qui est en question ici mais la vie de l’esprit.
Tout ceci sachant qu’il y aura des degrés de condamnation (Lc 12 : 47 ; Rm 2 : 5 ; Ap 20 : 12) selon la Justice et la Science de Dieu.
« Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et lorsque je m’en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi afin que là où je suis vous y soyez aussi. » (Jn 14 : 1 à 3)
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