Pendant longtemps, le concept « d’organes rudimentaires » est employé par les évolutionnistes comme « la preuve » de l’évolution des espèces. Tardivement, il est discrètement mis de côté lorsque sa caducité est démontrée. Mais certains évolutionnistes y croient encore et de temps en temps il s’en trouve un qui essaie de mettre en avant les « organes rudimentaires » comme une preuve importante de l’évolution.
Selon les évolutionnistes, des organes non fonctionnels auraient existé chez certaines créatures, hérités d’ancêtres et graduellement devenus rudimentaires par manque d’utilisation.
Cette affirmation n’est pas scientifique. Ces « organes non fonctionnels » sont en fait des organes dont « les fonctions n’avaient pas encore été découvertes », cause de la diminution progressive et importante de la liste des organes rudimentaires cités par les évolutionnistes [1]. Le Pr Scadding [2] a écrit :
« Comme il n’est pas possible de pouvoir identifier des structures inutiles de façon claire et comme la construction de l’argument utilisé n’est pas valable scientifiquement, je conclus que "les organes rudimentaires" n’apportent aucune preuve particulière à la théorie de l’évolution. » [3]
La liste des organes rudimentaires établie par l’anatomiste allemand R. Wiedersheim [4], en 1895, comprend 86 organes [5] parmi lesquels l’appendice et le coccyx. Comme la science a progressé, il a été découvert que tous les organes de la liste de Wiedersheim ont en fait des fonctions très importantes. Exemple :
- l’appendice, que l’on avait pris pour un « organe rudimentaire » est en réalité un organe lymphoïde qui permet de lutter contre les infections dans le corps [6].
- les amygdales ont un rôle significatif dans la protection de la gorge contre les infections, notamment jusqu’à l’adolescence [7].
- le coccyx, à la partie inférieure de la colonne vertébrale, supporte les os autour du bassin et se trouve être le point de convergence de certains petits muscles [8].
- le thymus [9] déclenche le système immunitaire dans le corps humain [10] en activant les lymphocytes T [11].
- l’épiphyse [12] est à l’origine de la sécrétion de quelques hormones aussi importantes que la mélatonine [13].
- la glande thyroïde [14] permet une croissance stable des bébés et des enfants et influe dans le métabolisme et l’activité du corps [15].
- la glande pituitaire contrôle la croissance du squelette et le fonctionnement approprié des glandes thyroïdes, surrénales et reproductrices.
Les évolutionnistes prétendent que les organes rudimentaires des êtres vivants sont hérités de leurs ancêtres alors que certains de ces organes présumés « rudimentaires » n’ont pas été retrouvés chez les espèces censées être leurs ancêtres [16] ! La logique est difficile à trouver !
Par ailleurs, la thèse selon laquelle un organe non utilisé s’atrophie et disparaît avec le temps porte en elle une incohérence logique. Darwin était conscient de cette incohérence et a dû faire l’aveu suivant dans son ouvrage « L’origine des espèces » :
« Il reste cependant cette difficulté. Dès qu’un organe cesse d’être utilisé et de ce fait se réduit complètement, comment peut-il se réduire un peu plus de taille jusqu’à ce que le moindre vestige disparaisse ; et comment peut-il finir par être totalement éliminé ? Il est à peine imaginable que le fait de n’être pas utilisé peut continuer à produire un quelconque effet alors que l’organe n’est plus fonctionnel. Des explications complémentaires, que je ne peux pas apporter, sont nécessaires. »
Plus simplement, le scénario des organes rudimentaires des évolutionnistes contient des failles logiques sérieuses qui ont, de toutes les façons, été démontrées scientifiquement fausses. Il n’existe pas un seul organe rudimentaire hérité dans le corps humain.
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Notes
[1] Au début des années 1900, on a répertorié chez l’humain une centaine d’organes dits « vestiges de l’évolution ». Depuis le début des années 2000, il en reste 4.
[2] Biologiste évolutionniste du département de zoologie de l’Université de Guelph, ville canadienne de l’Ontario. L’université de Guelph est l’une des universités complètes du Canada, connue pour son département des sciences de la vie.
[3] Dans « Les organes rudimentaires peuvent-ils constituer la preuve de l’évolution ? » publié dans le journal Evolutionary Theory.
[4] Robert Wiedersheim (1848 - 1923) est un anatomiste allemand, connu pour avoir publié une liste de 86 « organes vestigiaux » dans son livre « La structure de l’homme : un indice à son passé ».
[5] Le zoologiste Newman déclare dans le « Scopes Monkey Trial » qu’ « Il y a, selon Wiedersheim, pas moins de 180 structures vestigiales dans le corps humain, ce qui est suffisant pour faire d’un homme un véritable musée d’antiquités ambulant ».
[6] « D’autres organes et des tissus – le thymus, le foie, la rate, l’appendice, la moelle osseuse et les petits agrégats du tissu lymphatique comme les amygdales dans la gorge et les plaques de Peyer dans l’intestin grêle – font également partie du système lymphatique. Ils aident également le corps à lutter contre les infections. » dans The Merck Manual of Medical Information, Home edition, Merck & Co., Inc. The Merck Publishing Group, Rahway, New Jersey, 1997. En 2007, William Parker, du Centre médical de l’université Duke (Durham, Caroline du Nord, États-Unis) a émis l’hypothèse qu’il serait une « réserve protégée pour bactéries amies ».
[7] Les tonsilles, plus connues sous le nom d’amygdales, sont les organes lymphatiques de la gorge, en partie visibles au fond de la bouche. Elles jouent un rôle essentiel dans la défense immunitaire car elles sont situées, au niveau du pharynx, à l’entrée des voies respiratoires.
[8] Il est le centre d’amarrage du plancher périnéal (Dufour, Anatomie de l’appareil locomoteur, tome 3, Masson, Paris, 2ème édition, 2009).
[9] Le thymus est un organe situé dans la région de la cage thoracique situé entre les deux poumons contenant le cœur, l’œsophage, la trachée et les deux bronches souches.
[10] L’activité et la taille du thymus sont maximales au cours de la puberté, avant d’involuer à l’âge adulte. Le thymus joue un rôle très important dans la mise en place du système immunitaire chez l’enfant en assurant la maturation des lymphocytes T aussi appelés thymocytes.
[11] Les lymphocytes T, aussi appelés thymocytes ou cellules T, sont une catégorie de lymphocytes qui jouent un grand rôle dans la réponse immunitaire secondaire. « T » est l’abréviation de thymus, l’organe dans lequel leur développement s’achève. Ils sont responsables de l’immunité cellulaire : les cellules (bactéries, cellules cancéreuses) reconnues comme étrangères (c’est-à-dire autres que les cellules T ont appris à tolérer lors de leur maturation) sont détruites par un mécanisme complexe.
[12] L’épiphyse ou la glande pinéale est une petite glande endocrine de l’épithalamus du cerveau des vertébrés.
[13] La mélatonine, souvent dénommée hormone du sommeil, est connue comme étant l’hormone centrale de régulation des rythmes chronobiologiques, et d’un certain point de vue, de pratiquement l’ensemble des sécrétions hormonales, chez l’Homme, chez les mammifères et semble-t-il chez la plupart des espèces animales complexes. La mélatonine semble avoir de multiples fonctions, autres qu’hormonales, chez l’Homme et les mammifères, en particulier comme antioxydant. Elle semble jouer un rôle dans le système immunitaire.
[14] La glande thyroïde est la plus volumineuse des glandes endocrines sécrétant des hormones chez l’être humain. Elle se situe dans le cou.
[15] La glande thyroïde sécrète des hormones qui agissent sur le corps pour augmenter le métabolisme basal, agir sur la synthèse des protéines et intervenir dans le métabolisme du calcium. Le stress chronique, les chocs émotionnels et la caféine sont aussi des ennemis notoires de la thyroïde. L’ablation de la glande thyroïde peut amener un état dépressif que l’on ne peut soigner qu’en apportant des hormones sécrétées par cette glande.
[16] Par exemple le biologiste H. Enoch écrit : « Les singes possèdent un appendice, tandis que leurs parents éloignés, les singes inférieurs, n’en ont pas. Cet organe apparaît de nouveau chez d’autres mammifères inférieurs comme l’opossum. Comment les évolutionnistes peuvent-ils l’expliquer ? » dans H. Enoch, Creation and Evolution, New York, 1966, pages 18 et 19.