Jusqu’à cette époque, quasiment toute l’Europe est catholique. Il existe ici et là des petits groupes religieux persécutés car considérés comme hérétiques par le clergé romain : les Vaudois sont de ceux-là (les communautés de Lyon et de Provence possédaient quelques copies partielles de la Bible basées sur la Vulgate latine, que l’on connaît d’après des études philologiques réalisées au XIXe siècle par Samuel Berger). Mais quelles que soient les différences doctrinales de ces groupes par rapport à l’Eglise du Pape, on ne connaît la Bible qu’à travers la traduction latine officielle de l’Eglise Romaine : la "Vulgate de Saint Jérôme".
La Vulgate est très ancienne : elle date de la fin du IVe siècle. Avant cette époque, l’Eglise d’Occident possédait un ensemble de textes bibliques en latin qui dérivait d’une Bible dite "Africaine", que nous connaissons à travers les écrits des "Pères de l’Eglise" que sont Irénée, Origène, Tertullien, Cyprien.
On appelle "Vetus Latina" cet ensemble de traductions occidentales et africaines. C’est ce corpus que Jérôme décida de réviser. Il commence son travail à Rome sous le pape Damase puis se fixe définitivement en Judée, en 386 de notre ère. Il perfectionne sa connaissance du grec lors d’un séjour de 6 ans à Antioche. Face à la mauvaise qualité des textes de la "Vetus Latina", Jérôme a recours aux textes grecs et hébreux qu’il trouve, principalement à partir des Hexaples d’Origène, une traduction en 6 colonnes des années 200-250 ap JC. Je ne possède pas encore d’informations précises sur les manuscrits originaux utilisés par Jérôme. Cependant, dans une note de la Grande Bible de 1669, les pasteurs de Genève déclarent que Jérôme a utilisé des manuscrits "sûrs", dans le sens où ils n’avaient pas été tronqués par les hérétiques de l’arianisme (qui refusaient de croire dans la Trinité, en plaçant Jésus-Christ à une place inférieure).
La Vulgate de Jérôme devient rapidement la seule référence biblique de toute la Chrétienté occidentale. Sous l’impulsion de Charlemagne, au début du IXe siècle, la "Vulgate" de Jérôme fut corrigée : les clercs de l’empereur franc rectifièrent de nombreuses erreurs de copistes contenues dans la version latine qu’il utilisait.
Tout le Moyen-Age a donc vécu la foi chrétienne sur la base de la Vulgate latine de Jérôme.
L’Histoire de la Bible en France connaît une nouvelle étape à la fin du XVe siècle : de nombreux lettrés du monde grec doivent se réfugier en Occident quand les Turcs envahissent l’Empire d’Orient et font chuter la capitale de Constantinople en 1452. Ces lettrés emmènent avec eux en Occident des manuscrits grecs de la Bible : à Venise, au début du XVIe siècle, des éditeurs impriment ces textes : les lettrés d’Europe découvrent enfin de nouveaux textes hébreux et grecs pour étudier la Bible.
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