Préliminaires
Pour comprendre le travail effectué dans les études de mots bibliques en hébreu, il faut savoir que l’hébreu contient 70 racines de base, formées chacune de 3 consonnes. La combinaison de ces racines de base donne un ensemble de 5 500 racines, qui forment tout le vocabulaire de cette langue si on leur ajoute les voyelles, au nombre de 13.
La Tradition rapporte que les commandements et lois reçus par Moïse sur le Mont Sinaï étaient une succession de consonnes sans espace entre les mots ; par exemple, le mot « bonté » serait écrit de cette manière : « bnt ». Ce sont les massorètes [1] qui ont retranscrit les textes tels que nous les connaissons aujourd’hui, bien des siècles après la révélation du Mont Sinaï. L’espacement entre les mots a été effectué au 5ème siècle. En effet, avant que ce travail ne soit effectué, les textes étaient enseignés oralement, avec pour seul support la succession de consonnes. En fait, Dieu, dans sa révélation, nous a donné un message extrêmement riche qui ne s’arrête pas à la première lecture, bien que celle-ci soit l’essentiel. Les messages supplémentaires des mots (ou plutôt des racines) ne sont que des confirmations de ce qui nous est révélé dans toute la Parole de Dieu et en particulier dans le Nouveau Testament.
La Tradition juive rapporte aussi que le Livre de Dieu, l’Ancien Testament, est contenu dans le premier chapitre de la Genèse, que ce premier chapitre de la Genèse est contenu dans le premier verset, que ce premier verset est contenu dans le premier mot, et que la première lettre de ce verset le contient tout entier. Ainsi, la lettre B, Beit
en hébreu [2] , symbolise toute la création.
L’étude de chacun des mots constituant les premiers versets de la Genèse, sous différents points de vue permettent d’entrevoir et d’apercevoir tout le message de Dieu, notre Père, et le Créateur de toute chose. De même, une étude similaire sur un verset quelconque nous renseigne, nous éclaire, nous fortifie en mettant en exergue un message encore plus profond, qui se retrouve toujours dans des textes bibliques « directes » [3] )
De plus, il est intéressant et enrichissant de voir les rapports directs avec Jésus et le Nouveau Testament. En effet, le Fils de Dieu est venu nous « annoncer les énigmes des temps anciens » (Ps 78 : 2), « proclamer des choses cachées depuis la création » (Mt 13 : 35). Ainsi, tout s’illumine en Lui...
Pour bien montrer l’esprit dans lequel ces études sont effectuées, et dans lequel elles doivent être lues et comprises, je donnerai une image concernant les textes bibliques :
La Bible peut être considérée comme un temple, formé d’une multitude de pièces qui se suivent : chaque pièce, représentant un mot, aurait comme nom ce mot même (et non « chambre », « cuisine »,...). Voici un petit schéma qui donne la structure de ce temple :
[4]
Ainsi, nous pourrions voir ici la représentation du début du premier verset de la Bible : la pièce « Bere’shît » serait en communication avec la pièce représentant le second mot du verset, mais aussi avec le passage de Jn 1 : 1 qui nous parle des mêmes instants, de l’origine. La pièce « Bara » serait en communication avec la pièce précédente (représentant le mot précédent) et la pièce suivante (représentant le mot suivant), mais aussi avec le passage parlant de Jésus créateur ou de Dieu créateur, ou avec la pièce correspondant au passage de Jn 1 : 1, concernant la Parole créatrice,... Il en est de même de la troisième pièce, de la quatrième, ... Le schéma ci-dessus n’est qu’un exemple pour fixer l’esprit mais on peut aller plus loin et essayer de voir toutes les pièces qui pourraient être en communication directe avec la première, puis la deuxième, ...
Mais notre image ne s’arrête pas là : nous pouvons visiter ce temple rempli de la Présence divine en passant d’une pièce à l’autre, c’est à dire en lisant les textes du début à la fin (de Genèse 1 : 1 à Apocalypse 22 : 21), et c’est quelque chose d’indispensable pour la vie spirituelle de chacun. Considérons maintenant pour notre image que chaque pièce est remplie de tableaux : nous pouvons nous arrêter dans chaque pièce et regarder, scruter, examiner les tableaux, les uns après les autres. Ceci illustre parfaitement le but de cette étude : examiner les différents messages des mots, des racines utilisés par Dieu dans Sa révélation. Bien entendu, qui aurait la prétention d’examiner tous « les tableaux » : la Bible est un trésor inépuisable de richesses.
Nous nous rendrons compte que la Bible elle-même donne l’explication des « tableaux », dans les différents sens donnés aux mots, aux racines tout au long du texte. Ceci signifie que Dieu a donné des clés pour que nous puissions lire et comprendre les différents messages tout au long de Sa Parole !
Nous pouvons donner une autre image pour mieux comprendre cet enchaînement de messages : chaque mot est un ensemble de « mots gigognes », comme les poupées gigognes (ou les poupées russes). Ces poupées sont imbriquées les unes dans les autres : si on ouvre la première, on trouve une deuxième à l’intérieur ; puis on ouvre la deuxième, et on trouve une troisième à l’intérieur et ainsi de suite. Pour ce qui nous concerne, le nombre de fois où cette opération n’est pas donné ; ceci implique qu’aucune étude ne se peut se prévaloir d’être exhaustive et j’invite chacun à aller plus loin dans le développement des points mis en exergue et dans la recherche d’autres « tableaux », d’autres « messages gigognes »...
Présentation
Je tiens à présenter ici, avant de rentrer dans l’étude proprement dite, ma méthode de travail, et surtout la façon dont je présente quelques « messages gigognes »...
L’étude de chaque mot est constituée de plusieurs paragraphes numérotés. Chacun d’eux met en exergue un message contenu dans le mot étudié. Pour visualiser la structure du dit message, je retranscris en hébreux le mot (en première ligne du paragraphe), et les structures orthographiques (ou les racines) utilisées dans le message. Ces différents mots ont leur prononciation en face ainsi que leur sens dans le paragraphe. En effet, certains mots peuvent avoir plusieurs sens.
Prenons un exemple : le premier paragraphe du premier mot de la Bible.
1°) Le commencement :
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Bere’shît | Au commencement |
| mot hébreux | Prononciation | Traduction |
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’Ab | père |
| mot hébreux | Prononciation | Traduction |
| La première lettre, Beit
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En haut de la page, se trouve écrit le verset complet duquel est tiré le mot étudié.
A la fin de l’étude de chaque mot, un résumé donnant tous les messages étudiés pour le mot concerné est rédigé.